Interview
Sofia Nakamura
VP Marketing · Aldwin
« Nous avons coupé 80 % de notre stack martech » : la cure de l'IA chez Aldwin
Par La rédaction de Décideurs IA
2 min de lecture
L'assureur avait accumulé quarante-deux outils marketing. L'IA a servi de prétexte à un grand ménage. Le résultat tient en une équipe plus sereine et un budget divisé par deux.
Quarante-deux outils. C'est le nombre de logiciels marketing qu'utilisait Aldwin, assureur de taille intermédiaire, avant ce que Sofia Nakamura appelle sans détour « la cure ». Loin d'ajouter une énième brique IA, l'entreprise s'en est servie pour démanteler une stack devenue ingérable. Une décision à contre-courant, dont elle assume aujourd'hui chaque conséquence.
Quarante-deux outils, comment en arrive-t-on là ?
Comme tout le monde : par accumulation. Chaque problème ponctuel se réglait par un nouvel abonnement. Personne n'enlevait jamais rien. Au bout de cinq ans, mon équipe passait plus de temps à faire dialoguer les outils entre eux qu'à faire du marketing. On administrait une infrastructure, on ne pilotait plus une marque.
Et l'IA dans tout ça ?
L'IA a été le déclencheur, pas la solution miracle. Quand on a voulu y brancher l'IA, on s'est rendu compte qu'on ne pouvait pas : nos données étaient éclatées dans quarante-deux silos. Pour exploiter l'IA, il fallait d'abord unifier. Et pour unifier, il fallait couper. La cure martech était la condition d'entrée, pas le bonus.
On croyait que l'IA s'ajouterait à notre stack. En réalité, elle a exigé qu'on la démantèle d'abord.
Sofia Nakamura, Aldwin
La méthode de tri
- Règle des 90 jours. Tout outil non utilisé activement depuis 90 jours était candidat à la coupe, sans débat.
- Un propriétaire ou rien. Chaque outil devait avoir un responsable capable de justifier sa valeur. Sans propriétaire identifié : coupé.
- Le test du remplacement. Pour chaque outil restant, on a demandé : qu'est-ce qu'une brique IA bien intégrée ferait à sa place ? Quand la réponse était « mieux », on basculait.
Comment l'équipe a-t-elle vécu cette réduction ?
Avec soulagement, ce qui m'a surprise. On craignait la résistance ; on a eu de la gratitude. Les gens en avaient assez de jongler. Réduire le nombre d'outils, c'est réduire la charge mentale. Une équipe qui maîtrise cinq outils est plus puissante qu'une équipe qui en subit quarante.
Ce que ça a coûté
Soyons honnêtes : on a perdu des fonctionnalités. Quelques rapports très spécifiques, des intégrations de niche. Mais le coût de maintenance de ces fonctionnalités dépassait largement leur valeur. On a échangé de la complexité contre de la clarté, et le budget martech a été divisé par deux.
Votre conseil à un dirigeant tenté par la même cure ?
Ne commencez pas par l'IA. Commencez par un audit honnête de ce que vous utilisez vraiment. L'IA donne une excellente raison de faire le ménage que vous remettez à plus tard depuis des années. Saisissez-la pour ça avant de la saisir pour le reste.
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