Interview
Julien Mercier
VP Marketing · Brennt
Chez Brennt, l'IA générative a divisé par trois le temps de production de contenu
Par La rédaction de Décideurs IA
2 min de lecture
L'éditeur de logiciels B2B a industrialisé sa production de contenu sans diluer sa marque. La clé : un travail d'éditorialisation en amont, pas un prompt en aval.
On présente souvent l'IA générative comme une machine à produire du contenu en masse. Chez Brennt, éditeur de logiciels B2B, le pari a été inverse : produire moins, mais plus vite et plus juste. Julien Mercier explique comment son équipe a triplé sa cadence sans tomber dans la bouillie générique qui inonde aujourd'hui le web.
Diviser par trois le temps de production, c'est l'argument de vente de tous les outils. Qu'est-ce qui était réel chez vous ?
Le gain réel n'est pas là où on l'attend. Écrire un brouillon, l'IA le fait vite, c'est vrai. Mais le vrai gain, c'est sur tout ce qui entoure l'écriture : la recherche documentaire, la mise en forme, les déclinaisons par canal, la traduction. C'est ce travail périphérique qui mangeait nos journées. L'écriture elle-même, on la garde très encadrée.
Comment évitez-vous le contenu générique ?
On a investi dans ce qu'on appelle notre « socle éditorial » : nos angles, notre vocabulaire, nos interdits, des exemples de ce qu'on ne veut jamais lire. Ce socle nourrit chaque production. Sans lui, l'IA régresse vers la moyenne d'internet — et la moyenne d'internet, en B2B, c'est mortel.
Sans cadre éditorial fort, l'IA vous ramène toujours vers la moyenne d'internet. Et la moyenne, personne ne s'y abonne.
Julien Mercier, Brennt
La chaîne, étape par étape
- Cadrage humain. Un éditeur définit l'angle, la thèse, le lecteur visé. Non négociable.
- Production assistée. L'IA génère structure et premier jet à partir du socle éditorial.
- Réécriture humaine. L'éditeur reprend la main : c'est là que la voix de marque se joue.
- Déclinaison automatisée. Versions courtes, posts sociaux, newsletter — déclinées à partir du texte validé.
Quel est l'indicateur que vous regardez vraiment ?
Pas le volume. Le taux d'engagement par pièce publiée. Si on multiplie le volume mais que l'engagement par pièce s'effondre, on a juste fait du bruit. Notre règle : la cadence augmente seulement si la qualité par pièce tient.
Le piège du « tout automatique »
On a testé une chaîne entièrement automatisée sur un segment secondaire. Résultat : du contenu publiable, mais oubliable. Aucun pic d'engagement, aucune citation, aucune reprise. On l'a arrêtée. La leçon : l'automatisation totale produit du contenu qui existe sans compter.
Si vous deviez refaire le chantier, que changeriez-vous ?
J'investirais dans le socle éditorial avant même de choisir les outils. On a fait l'inverse : outils d'abord, cadre ensuite. On a perdu un trimestre à produire du tiède avant de comprendre que le problème n'était jamais l'outil.
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